Protection gastrique chez le cheval : tout comprendre pour préserver l'estomac

Protection gastrique chez le cheval : tout comprendre pour préserver l'estomac

Catégories : Les conseils de la pharmacie
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L'ulcère gastrique est l'une des pathologies les plus répandues chez le cheval. On estime que plus de 60 % des chevaux de sport et jusqu'à 90 % des chevaux de course souffrent, à un moment ou un autre, de lésions de la muqueuse gastrique. Pourtant, cette réalité reste encore sous-estimée par de nombreux propriétaires. Comprendre comment fonctionne le système digestif du cheval, identifier les signes cliniques d'une acidité excessive et mettre en place une protection gastrique adaptée sont des étapes essentielles pour préserver la santé et les performances de votre animal.

Pourquoi le cheval est-il si vulnérable aux troubles gastriques ?

Un estomac conçu pour une digestion en continu

Le cheval est un herbivore monogastrique à digestion continue. À l'état naturel, il passe entre 16 et 18 heures par jour à brouter, ce qui permet une sécrétion de salive quasi permanente. Or la salive joue un rôle clé : riche en bicarbonate, elle agit comme un tampon naturel contre l'acidité gastrique et contribue à protéger la muqueuse de l'estomac.

Le problème survient lorsque le cheval est soumis à un mode de vie domestique : repas distribués deux fois par jour, rations riches en concentrés, longues périodes de jeûn, travail intense à jeun, stress lié au transport ou à la compétition. Autant de facteurs qui favorisent une sécrétion acide excessive et augmentent le risque de reflux du contenu gastrique vers les zones les plus sensibles de l'estomac.

Deux zones à risque dans l'estomac du cheval

L'estomac du cheval est divisé en deux régions distinctes :

  • La région malpighienne (ou squameuse), dans la partie haute, dépourvue de protection naturelle contre l'acide chlorhydrique
  • La région glandulaire, dans la partie basse, qui sécrète le suc gastrique (acide chlorhydrique, pepsine, enzymes digestives) mais est protégée par une couche de mucus

Les ulcères gastriques se développent le plus souvent dans la zone squameuse, quand l'acidité dépasse les capacités de défense de la muqueuse. Ils peuvent également toucher le duodénum ou le pylore, on parle alors d'ulcères duodénaux ou ulcère gastroduodénal.

Les symptômes d'un problème gastrique chez le cheval

Les signes d'une atteinte gastrique sont souvent diffus et facilement confondus avec d'autres troubles. Voici les principaux signes cliniques à surveiller :

  • Perte d'appétit ou refus de s'alimenter, surtout pour les concentrés
  • Perte de poids progressive inexpliquée
  • Douleurs abdominales récurrentes, coliques légères fréquentes
  • Troubles digestifs : ballonnements, mauvaise digestion, selles irrégulières
  • Changement de comportement : irritabilité, nervosité, réticence au travail
  • Mauvais état de la robe et du poil
  • Crampes, tensions musculaires, raideurs
  • Régurgitations acides, éructations fréquentes
  • Baisse de performance inexpliquée chez le cheval de sport

Ces symptômes ne permettent pas à eux seuls de poser un diagnostic. Seule une gastroscopie (endoscopie digestive) permet de visualiser directement l'état de la muqueuse gastrique et de confirmer la présence d'ulcères ou d'une gastrite. N'hésitez pas à consulter votre vétérinaire si plusieurs de ces signes sont présents simultanément.

Les facteurs de risque à connaître

Certains chevaux sont davantage exposés aux troubles gastriques. Les principaux facteurs d'agression identifiés sont :

L'alimentation et la gestion du foin : un cheval qui manque de foin ou qui reste à jeun de longues heures voit son estomac vide s'acidifier rapidement. Le foin joue un rôle de tampon mécanique et stimule la production de salive. Une ration pauvre en fourrage grossier et riche en concentrés est un facteur de risque majeur.

Le stress : le transport, les changements d'environnement, la compétition, les modifications de la ration ou du rythme de vie perturbent l'équilibre digestif du cheval et peuvent déclencher des poussées d'acidité gastrique.

L'exercice intense à jeun : lors de l'effort, le contenu acide de la partie basse de l'estomac remonte vers la zone squameuse non protégée, provoquant des lésions.

Certains médicaments : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme la phénylbutazone ou le flunixine réduisent la production de mucus protecteur et fragilisent la paroi gastrique. Leur utilisation prolongée est un facteur de risque bien documenté d'ulcère gastrique.

Comment protéger l'estomac de votre cheval ?

Adapter l'alimentation en priorité

La première mesure de protection gastrique est alimentaire. Assurez-vous que votre cheval a accès à du foin en permanence ou au moins à une quantité suffisante répartie sur la journée. L'idéal est de proposer du foin avant l'exercice pour tamponner l'acidité gastrique pendant l'effort.

Réduisez les concentrés au profit des fourrages, fractionnez les repas en plusieurs petites rations plutôt qu'en deux grandes distributions, et évitez les longues périodes de jeûn.

Les compléments alimentaires pour la protection gastrique

Plusieurs compléments peuvent venir soutenir la muqueuse gastrique et favoriser une bonne digestion. Parmi les ingrédients les plus étudiés chez le cheval :

  • Le bicarbonate : tampon naturel qui aide à neutraliser l'acidité gastrique
  • La pectine et la lécithine : forment une couche protectrice sur la muqueuse
  • L'aloe vera : propriétés apaisantes et anti-inflammatoires sur la paroi digestive
  • La réglisse : stimule la production de mucus protecteur
  • La camomille et la guimauve : effets calmants sur les muqueuses digestives
  • Les probiotiques : soutiennent l'équilibre de la flore intestinale et la santé digestive globale
  • La levure de Saccharomyces cerevisiae : améliore la digestion des fibres et stabilise le pH dans le tube digestif

Dans la gamme Audevard, spécialiste reconnu de la nutrition équine, on retrouve plusieurs produits destinés à soutenir la fonction digestive du cheval. Le Balsamic Control Audevard (disponible en 1 kg, 2 kg et 5 kg) est formulé pour accompagner les chevaux souffrant de troubles digestifs et favoriser le confort gastrique. Le Balsamic Air Audevard (500 ml et 1 L) est quant à lui indiqué pour soutenir les voies respiratoires tout en ayant un effet apéritif et digestif. Le Balsasyrop GreenPex (1 L) peut également être utilisé pour soutenir la digestion dans certaines situations.

Ces compléments ne remplacent pas un traitement médical prescrit par un vétérinaire, mais constituent de bons supports préventifs dans une stratégie globale de protection gastrique.

Le traitement médical de l'ulcère gastrique

Lorsqu'un ulcère est confirmé par gastroscopie, le traitement repose généralement sur des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), dont l'oméprazole est le principe actif de référence chez le cheval. L'oméprazole réduit la sécrétion acide de l'estomac en bloquant les récepteurs de la pompe à protons des cellules gastriques. Ce traitement, prescrit et suivi par un vétérinaire, dure généralement entre 4 et 8 semaines selon la sévérité des lésions.

Des pansements gastriques (antiacides, agents mucilagineux) peuvent compléter le traitement pour protéger mécaniquement la muqueuse pendant la cicatrisation.

Prévention : les bonnes habitudes au quotidien

La protection gastrique chez le cheval est avant tout une affaire de gestion au quotidien. Voici les principales recommandations pour limiter le risque de troubles gastriques :

Maintenir un accès permanent au foin, surtout la nuit. Un cheval ne doit jamais rester plus de 4 à 6 heures sans fourrage disponible.

Donner du foin avant l'effort, au moins 30 à 45 minutes avant une séance de travail, pour tamponner l'acidité.

Limiter les AINS et privilégier des alternatives lorsque c'est possible, notamment pour les chevaux ayant des antécédents de troubles gastriques.

Réduire le stress en respectant les routines, en évitant les changements brusques de ration ou d'environnement, et en favorisant le contact social avec d'autres chevaux.

Surveiller le comportement de votre cheval : une modification du comportement alimentaire, une baisse d'appétit ou une perte de poids inexpliquée doivent vous alerter.

Effectuer un bilan gastrique régulier chez les chevaux à risque (chevaux de sport, de course, chevaux stressés ou traités aux AINS de façon régulière).

Conclusion : ne négligez pas la santé gastrique de votre cheval

Les troubles gastriques chez le cheval sont fréquents, souvent silencieux et peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé, le bien-être et les performances de l'animal. Une bonne connaissance des mécanismes de l'acidité gastrique, combinée à une gestion alimentaire adaptée et à l'utilisation de compléments ciblés, permet dans la grande majorité des cas de prévenir l'apparition des ulcères ou d'accompagner efficacement leur guérison.

En cas de doute, ne tardez pas à consulter votre vétérinaire : un diagnostic précoce par gastroscopie et un traitement médical adapté restent les meilleures garanties d'une cicatrisation complète et durable de la muqueuse gastrique de votre cheval.

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